Le véhicule autonome partagé : la solution pour une mobilité sans embouteillages?

Les véhicules autonomes sans conducteur réduiront les embouteillages et amélioreront la mobilité…  Ou l’inverse.  De nombreuses recherches menées par divers universitaires et associations soutiennent ces deux affirmations opposées.  Selon une étude[1] de l’université de Cambridge, les voitures sans conducteur pourraient améliorer de 35 % la fluidité de la circulation.  À l’opposé, une autre étude[2] de l’université d’Adélaïde suggère que l’arrivée des véhicules autonomes pourrait aggraver les embouteillages.  Les véhicules autonomes partagés (SAV[3]) pourraient-ils être la clé d’une plus grande mobilité?

Les véhicules autonomes partagés sont précisément cela : des véhicules qui roulent d’eux-mêmes et sont partagés entre plusieurs utilisateurs.  Un récent rapport de recherche soumis au Transportation Research Record: Journal of the Transportation Research Board présente des conclusions détaillées sur l’utilisation d’un hypothétique système public de véhicules autonomes partagés pour améliorer la mobilité et accroître l’utilisation des transports en commun.  Les scientifiques ont étudié le rôle que les SAV pourraient jouer dans la planification urbaine.  Leur conclusion?  Les systèmes SAV sont réalisables et pourraient profiter aux collectivités en réduisant le nombre d’accidents de la route et en renforçant le système de transport en commun existant grâce à la fourniture d’un service rentable sur les itinéraires à faible fréquentation.

Les SAV sont utilisés pour renforcer les transports publics de différentes manières à travers le monde. Parmi les applications critiques, citons :

  • Les liaisons premier/dernier kilomètre
  • Les services de transport adapté
  • Les services de navette
  • Les services de stationnement incitatif (type « Parc-O-Bus »)
  • La régulation dynamique des itinéraires

Les chercheurs ont noté que les SAV pourraient compléter les flottes de transport collectif existantes en optimisant le rapport entre le nombre de passagers et la capacité des véhicules et en retirant de ces lignes les gros autobus à faible fréquentation, ce qui permettrait de réduire les coûts.  De plus, les gros autobus à grande capacité ainsi libérés pourraient desservir des lignes plus fréquentées pouvant bénéficier d’un service plus fréquent, ce qui inciterait davantage de personnes à utiliser les transports en commun.  Le co-investigateur principal de cette étude, Yingling Fan, a conclu que : « Les communautés bien pensées qui ont recours à des flottes de véhicules autonomes partagés de tailles diverses, bien connectées à des transports en commun de qualité, pourraient entraîner un changement sociétal de grande ampleur en fournissant des services de mobilité peu coûteux au plus grand nombre, en renforçant les liens familiaux et communautaires, et en stimulant la productivité et l’équité économiques grâce à l’élimination des contraintes associées à la mobilité ».

La route vers un système de transport en commun intégrant des véhicules autonomes partagés n’en est qu’à ses débuts et devra surmonter de nombreux obstacles avant une mise en œuvre plus large.  L’une de ces difficultés est l’attitude des consommateurs à l’égard des SAV.  Des recherches[1] menées sur les attitudes et les perceptions des gens vis-à-vis des véhicules autonomes partagés ont révélé que les utilisateurs de services SAV accordaient beaucoup d’importance au confort des sièges et à l’embarquement, mais peu au lieu de prise en charge ou de débarquement.  En outre, les recherches ont révélé que la disponibilité des services, l’accessibilité géographique et un coût plus élevé étaient les trois principales préoccupations des participants aux groupes de discussion, le manque d’accessibilité et le manque de sensibilisation étant les deux principales raisons invoquées par les personnes interrogées pour ne pas utiliser les services concernés.

 

Des chercheurs de la faculté de génie de l’université Monash ont étudié[1] la mise en œuvre de véhicules autonomes partagés pour les services du premier et du dernier kilomètre et leur intégration aux transports publics.  Ils ont constaté que l’introduction des SAV, couplée à l’utilisation des transports publics, a entraîné une augmentation de 3 % de la fréquentation des transports collectifs et une réduction de 6 % de la distance parcourue par les véhicules particuliers, ce qui a contribué à réduire les encombrements.  Grâce à des simulations, les chercheurs ont observé que, lorsque le temps d’attente des SAV diminue, le nombre de trajets effectués par ces mêmes SAV augmente, de même que le nombre de trajets en transports en commun.  Toutefois, lorsque le temps d’attente des passagers des SAV était réduit de 20 %, on a observé une augmentation significative des déplacements SAV et une réduction des trajets en transports collectifs, ce qui pourrait contribuer à la congestion.  Cette expérience a mis en lumière la nécessité d’une solide planification avant que les SAV puissent être intégrés aux transports publics.

Aux États-Unis, des programmes pilotes ont été lancés dans des villes comme San Francisco, Phoenix et Las Vegas, tandis qu’en Europe des tests ont eu lieu dans des villes comme Paris et Amsterdam.  Singapour a été une des premières villes à mettre en œuvre un système de véhicules autonomes partagés en Asie; d’autres pays comme le Japon et la Chine ont également lancé des programmes pilotes.  Ces programmes ont été lancés par des entreprises telles que Cruise, Waymo et Uber, qui travaillent à la mise au point et à la commercialisation de SAV destinés à être utilisés dans des villes partout dans le monde.

Le partenariat entre le monorail de Las Vegas et Navya, un fabricant de navettes autonomes, est un exemple d’utilisation des SAV pour les liaisons du premier et du dernier kilomètre.  Ce partenariat permet aux passagers d’emprunter le monorail depuis le centre des congrès de Las Vegas jusqu’à une gare située près du célèbre Strip, puis de prendre une navette Navya pour la dernière étape de leur trajet jusqu’à leur hôtel ou une autre destination.  La navette suit un itinéraire fixe et fait plusieurs arrêts en cours de route, ce qui dispense les usagers de devoir marcher sur de longues distances ou d’attendre un taxi.  Lyon, en France, est un autre exemple d’utilisation des SAV pour les liaisons du premier et du dernier kilomètre.  Keolis, une société de transport, utilise des SAV pour transférer les passagers jusqu’aux stations de métro de la ville.

Quel que soit l’avenir des véhicules autonomes, qu’il s’agisse d’un déploiement à grande échelle ou d’un déploiement restreint, ce qui est certain, c’est que ces véhicules autonomes auront un impact considérable sur les navetteurs, les organismes publics et la mobilité.  En outre, il reste encore beaucoup à faire pour permettre le fonctionnement des SAV 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans toutes les conditions météorologiques, mais cette feuille de route se trouvera accélérée avec l’amélioration de la performance que peut apporter l’adoption de la technologie de fusion de bas niveau des données de capteurs et de perception de LeddarTech grâce à la détection, à la classification et au suivi précis des objets.  Le logiciel et les produits LeddarVision™ de LeddarTech permettent le déploiement des systèmes ADAS et AD en offrant une technologie de fusion des données de capteurs et de perception performante, évolutive et économique.